Au Mexique, le papier AMATE est un papier 100% naturel et écologique fabriqué à partir d’écorces d’arbres.
Tout
comme les chinois avec le riz et les égyptiens avec leur papyrus, les peuples pré hispaniques de diverses régions ont très tôt utilisés les ressources
naturelles pour créer des feuilles de papier afin de conserver une trace de
leur histoire. Le papier AMATE en est
le descendant direct. Les mayas et les aztèques l’utilisaient déjà dans leurs
codices anciens. Les techniques de fabrication du papier AMATE se sont perpétuées à travers les siècles. De nos jours, ce
sont les indiens Otomis qui fabriquent les principaux et plus beaux papiers AMATE du Mexique. Comme par le passé, l' AMATE d’aujourd’hui est fabriqué à
partir d’écorces d'arbres, de fibres de
cactus, de fibres de maguey (plante servant à la fabrication du Tequila) ou de roseaux.
Dans la région de Puebla, les indiens Otomis perpétuent donc un savoir faire
ancestral. Le nom AMATE vient du Nahuatl
(la langue indigène la plus répandue au Mexique) AMATLqui signifie
papier.
Les codices ou codex mexicains sont des manuscrits peints à
la main d’inscriptions pictographiques aztèques ou mayas. Les codices sont
écrits sur de l´écorce d´arbre, du cuir animal (peau de cerf) ou fabriqués à
base de fibre végétale comme le maguey, une espèce de cactus
très courante au Mexique. On trouve également des codices en toile de coton
tissée. Sur cette surface, les aztèques enduisaient une couche d’amidon ou de
calcaire. Cette matière servait à faire de longues bandes que l´on repliait en
accordéon. Les fibres végétales nécessaires à la réalisation des codices
viennent des écorces internes de différentes variétés d’arbres, comme le Ficus
Morus ou le Maguey (sorte de cactus) dont on
extrait aussi la pulpe du fruit pour fabriquer le Tequila.. Les fibres de
Maguey servent aussi encore de nos jours à la fabrication des de l’assise des
fauteuils traditionnels mexicains appelés les Equipales.
Les fibres encore humides sont cuites dans de l’eau mélangée à de la cendre et de la chaux pendant 6 à 8
heures. C'est sans doute la partie la plus ingrate du processus pour son odeur.
Après la cuisson, les fibres sont tressées entre elles pour solidifier la base
même de l'Amate.Phase la plus importante et sans doute la plus délicate mais aussi la plus relaxante, l’artisan dépose ensuite de fines bandelettes
parallèles sur un cadre en bois, horizontalement et verticalement.
Avec un pierre pilon rectangulaire l’artisan écrase progressivement
les fibres jusqu’à les presser, compresser, aplanir, enchevêtrer et obtenir une surface uniforme. Après séchage au soleil, on obtient une feuille de papier pouvant atteindre plus d'un mètre. Il faut 4 à 6 h pour réaliser une pièce d'un mètre de côté. Partie finale du processus, le séchage se fait à l'air libre et dépend donc énormement des conditions climatiques.
On place chaque planche sur le toit de l'atelier et on attends 2 ou 3
jours avant de décoller délicatement les figures avec une simple
spatule. Les feuilles de papier AMATE peuvent s'accocher au mur ou s'encadrer.
De nos jours, ce papier indigène sert de support à des oeuvres d'art contemporaines ou populaires.